# MinIO — stockage objet S3 du homelab Brique **partagée** du namespace `tools`, au même titre que pgbouncer ou clickhouse. Le serveur vit ici ; les buckets, quotas et identifiants d'une application vivent avec cette application. ## Premier consommateur : Kadans - [ADR-012](https://gitea.arcodange.lab/arcodange/kadans/src/branch/main/docs/adr/012-video-storage-minio-first.md) « MinIO local d'abord » — bascule vers Cloudflare R2 prévue aux seuils : 100+ utilisateurs actifs, > 10 To/mois, ou dispersion géographique. - [ADR-013](https://gitea.arcodange.lab/arcodange/kadans/src/branch/main/docs/adr/013-video-storage-opfs-local-first.md) le gratuit est **local-first** (la vidéo ne quitte pas l'appareil) ; MinIO sert les **paliers payants**. - [ADR-018](https://gitea.arcodange.lab/arcodange/kadans/src/branch/main/docs/adr/018-qualite-video-au-transfert.md) ce qui transite est **dérivé** (aperçu 240p ~50 Ko, travail 360p ~3,4 Mo/min) — le master reste chez l'utilisateur. D'où le dimensionnement ci-dessous. ## Ce que ce chart pose | | | |---|---| | Mode | **standalone** (1 réplique) — la donnée est dérivée et Longhorn réplique déjà le volume ; l'erasure coding distribué coûterait de la RAM que des Pi 5 n'ont pas à dépenser pour ça | | Volume | **50 Gi** sur `longhorn` ≈ **250 h de cours** au palier « travail ». ⚠ Longhorn réplique : compter **×3** sur la capacité du cluster avant d'augmenter | | Ressources | requests 512 Mi / 100 m · limit 2 Gi — la limite protège les voisins de `tools`, pas MinIO | | API S3 | `s3.arcodange.lab` (interne) **et `s3.arcodange.fr`** (public, tunnel Cloudflare → entrypoint `web` + crowdsec) — voir « Pourquoi une exposition publique » | | Console | `minio.arcodange.lab` (Traefik) | | Buckets | **aucun ici** — chaque app déclare les siens depuis son dépôt (module `minio_app`). Tous privés : l'accès passe par des URL signées (ADR-0002 du dossier produit) | | Identifiants | **jamais dans le dépôt** : `iac/` les génère dans Vault (`kvv2/minio/config`), le Vault Secrets Operator les matérialise en secret `minio-config`, le chart les lit via `existingSecret` | Le ServiceAccount du pod est nommé `minio` (et non le `minio-sa` par défaut du chart amont) parce que le module Vault `app_roles` borne l'authentification au SA portant le nom de l'app : un seul SA, rien à réconcilier. ## Première mise en service L'ordre compte, et il compte **deux fois** : 1. **Workflow `Hashicorp Vault`** — MinIO doit d'abord figurer dans `hashicorp-vault/iac/terraform.tfvars` (c'est fait) : c'est **là** que naît le rôle CI `gitea_cicd_minio`, et non dans `minio/iac`. Sans cette étape, le workflow MinIO échoue sur `role "gitea_cicd_minio" could not be found` — il essaie de s'authentifier avec un rôle que personne n'a encore créé. 2. **Workflow `MinIO`** — applique `minio/iac` : rôle Kubernetes pour le Vault Secrets Operator, et **génération** du mot de passe root dans `kvv2/minio/config`. 3. **ArgoCD** synchronise l'application (déclarée dans `chart/values.yaml`). 4. Vérifier : `kubectl -n tools get vaultstaticsecret minio` (secret matérialisé) puis `kubectl -n tools get pods -l app=minio`. > [!NOTE] > Sans le secret `minio-config`, le pod ne démarre pas. C'est voulu — mieux > vaut un pod en attente qu'un MinIO ouvert avec des identifiants par défaut. ## Pourquoi une exposition publique (`s3.arcodange.fr`) La PWA Kadans est servie en `https://kadans.arcodange.fr` et téléverse ses vidéos **directement** vers MinIO, avec des URL présignées émises par kadans-api (kadans-api#23) : les octets ne passent jamais par l'API. Deux raisons rendent le `.lab` inutilisable pour ça, et ce sont des faits du navigateur, pas des préférences : 1. **Contenu mixte** — une page servie en `https` ne peut pas émettre une requête vers `http://`. L'ingress `.lab` est en entrypoint `web` sans TLS. 2. **`.lab` n'est pas résolvable hors du LAN** — la synchronisation ne marcherait qu'à la maison, ce qui vide de son sens « retrouver mes vidéos sur mon autre appareil ». **Pas de basic-auth** sur cet ingress, contrairement à `kadans-public` : une requête S3 porte sa propre signature (SigV4). Un défi HTTP Basic casserait le PUT présigné, auquel le navigateur ne peut pas répondre. L'autorisation vient de l'URL signée et de sa durée de vie courte (15 min pour déposer, 1 h pour lire). **CORS** (`MINIO_API_CORS_ALLOW_ORIGIN`) liste les origines EXACTES de la PWA — jamais `*` : une URL présignée qui fuiterait serait sinon rejouable depuis n'importe quel site. ### La taille maximale d'une requête — **mesurée le 2026-08-20** Le trafic public passe par un **tunnel Cloudflare**, qui plafonne la taille du corps d'une requête proxifiée. Ce plafond était marqué ici « à vérifier avant de s'y fier ». Il l'est. Sonde : un PUT **non signé** vers le bucket. Rien ne s'écrit, et les deux réponses se distinguent proprement — un 403 vient de MinIO (donc le corps a traversé le tunnel), un 413 vient du tunnel lui-même. | Corps | Réponse | Lecture | |---:|---|---| | 50 Mio | `403` | corps passé, refus de signature | | **100 Mio** | `403` | **corps passé** | | **101 Mio** | `413` | **refusé par le tunnel** | | 200 Mio | `413` | refusé par le tunnel | ⚠ **Le plafond est exactement 100 Mio.** Or `kadans-api` annonçait un gabarit de 200 Mio — le **double**. Une vidéo entre les deux était acceptée, signée, téléversée pendant ~100 Mo… puis coupée. ⚠ **La parade retenue n'est PAS celle que cette section recommandait.** Ramener le gabarit sous le plafond du tunnel aurait aussi fermé les cours longs (au palier « travail » de l'ADR-018, 360p ≈ 3,4 Mo/min, 100 Mio ≈ 29 min). C'est le **téléversement en plusieurs parts** qui a été livré (kadans-api PR #188) : des parts de 8 Mio passent chacune très en dessous du plafond, sans rétrécir la promesse. Le corpus, lui, reste largement sous la limite : sur les 707 vidéos du fondateur (~2 ans), **la durée moyenne est de 53 secondes** et **deux seulement dépassent 5 minutes**. C'est ce qui explique que le défaut n'ait jamais été rencontré — et pourquoi il attendait le premier cours entier. ⚠ **Conséquence pour le bucket, et elle est ici :** un téléversement en parts jamais refermé laisse des parts que *rien ne montre*. Le module `minio_app` pose donc sur chaque bucket une règle de cycle de vie `AbortIncompleteMultipartUpload` à **1 jour** — voir son `main.tf`. ## Donner à une app l'accès au stockage **Rien à faire ici.** Chaque application déclare **ses** buckets **depuis son propre dépôt**, avec le module que ce dépôt-ci fournit : ```hcl # iac/main.tf de l'application data "vault_kv_secret_v2" "minio_provisioner" { mount = "kvv2" name = "minio/provisioner" } provider "minio" { minio_server = "s3.arcodange.fr" minio_user = data.vault_kv_secret_v2.minio_provisioner.data["MINIO_ACCESS_KEY"] minio_password = data.vault_kv_secret_v2.minio_provisioner.data["MINIO_SECRET_KEY"] minio_ssl = true } module "stockage" { source = "git::…/tools.git//minio/iac/modules/minio_app?depth=1&ref=main" app = "mon-app" buckets = ["mon-app-fichiers"] providers = { minio = minio } } ``` Voir `iac/modules/minio_app/README.md`. **Chacun son périmètre** : `tools` fournit le serveur, le provisionneur et le module — pas la liste des buckets. Sans ça, chaque bucket de chaque app deviendrait une PR sur l'infra partagée. ### Ce que `tools` fournit, et pourquoi | Pièce | Rôle | |---|---| | Le serveur | le chart, son volume, ses ingress (interne + public) | | Le **root** | généré ici, écrit dans `kvv2/minio/config`, **ne sort jamais** de ce pipeline | | Le **provisionneur** | un compte aux droits d'administration MINIMAUX (créer bucket, politique, compte de service) et **aucun droit sur les objets** — lisible par le rôle CI de chaque app | | Le **module** | `minio_app` : standardise la déclaration, sans la détenir | Donner le root aux apps aurait été absurde : il lit et écrit **tous** les objets de **toutes** les apps. Le provisionneur, lui, peut créer des buckets — une nuisance si une app est compromise — mais **pas lire les vidéos d'une autre**. ### Rotation Depuis l'`iac/` de l'app : détruire `module.stockage.random_password.app` et relancer son plan. La clé change, `force_destroy = false` garde le compte, et les objets déjà déposés conservent leur propriétaire.